Patriote canadien (Le)

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Journal fondé par Ludger Duvernay en 1839 à Burlington (VT), dans le contexte des Rébellions des Patriotes. Il s'agit du premier journal canadien publié aux États-Unis.

Éditeurs et journalistes

État des collections

Exemplaires numérisés sur Chronicling America.

Notes et remarques

Parmi les nombreux hebdomadaires fondés dans le Vermont durant les années 1830 et qui défendaient des programmes politiques variés, Le Patriote Canadien se distingue à deux égards. D’abord, il était publié principalement en français. Ensuite, il prônait la réforme politique non pas au Vermont ou aux États-Unis, mais dans le Bas-Canada (aujourd’hui le Québec).

Le Patriote Canadien était publié par Ludger Duvernay, un membre éminent du Parti patriote du Bas-Canada. Son journal montréalais, La Minerve, publiait des articles critiques envers le gouvernement colonial britannique, ce qui lui valut plusieurs séjours en prison. En 1837, lorsque le mécontentement politique se transforma en rébellion ouverte, Duvernay se réfugia aux États-Unis et s’établit dans le village de Burlington, au nord-ouest du Vermont. Les Vermontois avaient manifesté un soutien enthousiaste à la rébellion patriote, fournissant des volontaires, des armes pour les escarmouches armées et un refuge pour les rebelles exilés. Duvernay espérait que les Américains soutiendraient également un journal promouvant les droits civiques et l’indépendance du Bas-Canada. Il publia un prospectus pour un journal français en décembre 1838. Confronté au manque de fonds et de matériel, il ne put toutefois publier le premier numéro du Patriote Canadien qu’en août 1839, soit quatre mois après la création d’un journal patriote anglophone, le North American, à Swanton, dans le Vermont, plus près de la frontière canadienne.

Duvernay se servit du Patriote Canadien pour poursuivre la lutte en faveur de la réforme, même après que le gouvernement colonial et ses partisans eurent réprimé les insurrections de 1837 et 1838. Les articles du journal retraçaient les événements et les protagonistes de la rébellion et signalaient les mesures répressives du gouvernement colonial. Le Patriote était résolument anti-britannique, mais Duvernay adoptait un ton nettement plus modéré que les rédacteurs plus virulents du North American. Contrairement à ce dernier, Le Patriote n’attaquait ni les anciens chefs du parti ni le clergé catholique favorable au gouvernement colonial. Duvernay écrivait de manière positive sur le gouvernement républicain, l’éducation, l’industrie et l’agriculture aux États-Unis, et montrait les améliorations qui pourraient être appliquées au Bas-Canada. Dans un article de une, par exemple, il proposait une description flatteuse de Burlington et invitait les lecteurs canadiens à comparer ses avantages à ceux de leurs propres localités.

Le Patriote comprenait régulièrement une petite part de contenu local sous une rubrique intitulée « Localité », ainsi que des annonces, des avis de mariage et de décès, les cours du marché de Burlington et des publicités de commerçants locaux. Les membres de la petite mais croissante communauté canadienne-française de la région de Burlington lisaient sans aucun doute le seul journal francophone publié dans le Vermont. Conscient de sa situation dans une communauté anglophone, Duvernay proposait dans de nombreux numéros des traductions anglaises d’un ou de plusieurs articles.

Après seulement six mois, toutefois, Duvernay se retrouva au bord de la faillite et annonça le dernier numéro du Patriote Canadien. Bien que le journal eût des agents dans plus de vingt villes à travers les États-Unis, trop peu d’abonnements furent souscrits. Le soutien américain à la cause patriote s’était émoussé et la diffusion au Canada fut sévèrement restreinte après que le gouvernement britannique eut interdit l’envoi du journal par la poste. Duvernay demeura à Burlington jusqu’en 1842, année où il rentra à Montréal et relança La Minerve, qui redevint un journal influent de langue française.

Source : notice de la Library of Congress

Ressources bibliographiques

Notice du Patriote dans le catalogue de la Library of Congress

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