Le Meschacébé fut fondé à Lucy, en Louisiane, en 1853 par Hippolyte-Prudent de Bautte (1821-1861), ancien collaborateur du Corsair à Paris.
Éditeurs et journalistes
État des collections
Bonne collection numérisée (mais numéros manquants) sur Chronicling America.
Notes et remarques
Le Meschacébé fut fondé à Lucy, en Louisiane, en 1853 par Hippolyte-Prudent de Bautte (1821-1861). Tirant son nom d’une ancienne orthographe française du mot « Mississippi », Le Meschacébé était à l’origine presque entièrement consacré aux avis juridiques, annonces de ventes publiques et publicités de commerces locaux. Les procès-verbaux du police jury de la paroisse (semblable aux conseils de comté dans d’autres États) étaient publiés en français et en anglais. La première page proposait des romans-feuilletons, souvent piratés de journaux français mais parfois écrits par des auteurs louisianais. Certaines histoires se déroulaient en Louisiane et abordaient des sujets d’actualité comme les relations raciales et l’immigration (voir, par exemple, « Une fille de couleur » et « La femme d’un Know-Nothing »). Bien que le journal traitât de sujets d’importance internationale tels que la guerre de Crimée ou les expéditions de flibustiers de William Walker en Amérique centrale, l’actualité restait principalement locale.
De Bautte vendit Le Meschacébé en 1857 à deux autres exilés politiques, Ernest Le Gendre (v. 1828-1862) et Eugene Dumez (1824-1878). Le Gendre quitta le journal l’année suivante pour publier le Natchitoches Union. Dumez, ancien condisciple de Victor Hugo, avait été exilé de France en 1851 pour son rôle de rédacteur du Courrier Républicain de la Côte d’Or. Après de courts séjours en Belgique, au Kansas et au Missouri, il s’installa en Louisiane.
Au cours de la première année de la guerre de Sécession, Dumez publia des articles sur la levée de troupes confédérées, des correspondances provenant des camps locaux et des récits de batailles, ainsi que des extraits de La vérité sur l’esclavage et l’union, ouvrage anti-abolitionniste d’Émile Lefranc de La Nouvelle-Orléans. La section fiction du Meschacébé proposait alors des textes liés à la guerre. Après la chute de La Nouvelle-Orléans et l’occupation de la paroisse St. John the Baptist par les troupes fédérales, le journal publia les proclamations militaires des commandants de l’Union. Une pénurie de papier força Dumez à suspendre la publication en 1862, peu après avoir imprimé des récits du bombardement de Donaldsonville et de la bataille de Baton Rouge. Il passa le reste de la guerre en France, s’occupant de questions personnelles tout en tentant d’obtenir la reconnaissance de la Confédération par la France.
La publication reprit en 1865. Dans les années suivantes, Dumez, désormais associé à son beau-frère Thomas Bellow (1841-1901), produisit des éditoriaux particulièrement longs et méditatifs, dont beaucoup comparaient la société et la politique américaines à celles de la France. Habituellement démocrate, Le Meschacébé soutint toutefois Horace Greeley du Parti républicain libéral lors de l’élection présidentielle de 1872, parti opposé à la réélection d’Ulysses S. Grant et désireux de mettre fin au programme des Républicains radicaux.
L’imprimerie du Meschacébé déménagea à de nombreuses reprises au cours de son histoire et se trouvait souvent sur des plantations. Du contenu en anglais apparut en 1871, mais le journal redevint rapidement majoritairement francophone. Après la mort de Dumez, victime de la fièvre jaune en 1878, le journal fut acheté par Charles Lasseigne (v. 1842-1913), qui le dirigea jusqu’en 1908, année où il le vendit à Eugene Dumez, Jr. (1874-1955). John Davis Reynaud (1886-1974) en devint propriétaire en 1914, à partir de quoi les articles en français disparurent presque totalement. Le Meschacébé cessa de paraître en 1942.