Journal fondé en 1865 à Convent, dans une petite communauté francophone située entre La Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge, par le Français Jean Sylvain Gentil.
État des collections
Il existe une collection numérisée disponible sur Chronicling America.
Notes et remarques
Le Louisianais fut publié de 1865 à 1883 à Convent, une petite communauté de la paroisse de St. James, en Louisiane, située à mi-chemin entre La Nouvelle-Orléans et Baton Rouge. Au XIXᵉ siècle, cette région était connue pour ses grandes et riches plantations de sucre.
Jean Sylvain Gentil (1829-1911) fonda Le Louisianais. Né près de Blois, en France, Gentil fut emprisonné puis exilé en 1850 par l’empereur Napoléon III pour avoir écrit des articles incendiaires dans le journal républicain Le Courrier de Loir-et-Cher. Il vécut brièvement à Londres avant d’immigrer aux États-Unis en 1852, s’établissant finalement à Convent, où il enseigna le français, l’espagnol, le latin et le grec au Jefferson College, une petite école catholique. À la fin de la guerre de Sécession, Gentil commença à publier Le Louisianais en partenariat avec Armand Victor Romain (1835-1872), professeur de mathématiques au Jefferson College. Le premier numéro parut le 12 août 1865. Dès novembre de la même année, le journal devint l’organe officiel de la paroisse de St. James.
Le Louisianais était d’abord publié chaque semaine sur une seule feuille recto verso ; en 1877, il passa à quatre pages. Principalement en français, il comportait des contenus en anglais d’importance variable. Chaque numéro proposait généralement des nouvelles diverses du monde entier ; des commentaires politiques, mettant l’accent sur les relations raciales, le suffrage et la reconstruction du Sud après la guerre civile ; des publicités et annonces ; des essais sur la science, l’histoire, l’art et la littérature ; ainsi qu’un assortiment de poésie et de fiction. Un aspect singulier du journal résidait dans ses « feuilletons » réguliers, des récits en série signés Gentil, souvent autobiographiques, couvrant des sujets allant des « Gaulois en Amérique » (les Franco-Américains) et réflexions sur la franc-maçonnerie (controversée en Louisiane catholique), à des récits personnels sur l’emprisonnement de Gentil, un amour de jeunesse et son passe-temps favori, le jardinage.
Critique de l’Église catholique, Gentil utilisa Le Louisianais pour provoquer le clergé local. En 1880, le père Onézime Renaudier organisa un autre journal, Le Foyer créole, en partie pour contrer l’influence de Gentil. Celui-ci suscita également la controverse dans le domaine des relations raciales. Bien qu’il soutînt l’éducation des Noirs et reconnût la nécessité d’une coopération raciale, il critiqua en novembre 1869 l’élection d’un Afro-Américain, Oscar Dunn, au poste de lieutenant-gouverneur de la Louisiane. Le Louisianais perdit alors son contrat d’impression officiel.
En 1881, Gentil vendit Le Louisianais à André Roman et Paul Grima. Le journal continua de paraître jusqu’en 1883. Après l’avoir quitté, Gentil devint propriétaire de La Démocratie française de La Nouvelle-Orléans et écrivit des articles pour diverses autres publications durant ses loisirs, y compris pour son ancien adversaire, Le Foyer créole, comme acte de charité envers sa directrice, Estelle Jourdan Dicharry, veuve de l’ancien éditeur Florian B. Dicharry.
Source : Notice de la Library of Congress