Écho de l'Ouest

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Important journal francophone de Minneapolis (Minnesota), fondé par Zéphirin Demeule, originaire de Québec, en 1883. Le journal participe à l'animation de la communauté canadienne-française du Midwest. 

Éditeurs et journalistes

État des collections

Il existe une bonne collection numérique sur Chronicling America (voir lien à droite), et quelques numéros sur Google News.

Notes et remarques

Fondé le 25 avril 1883, l’Echo de l’Ouest était le journal représentatif des Canadiens français du Minnesota et de la région environnante du Haut Midwest. Il paraissait chaque semaine, en format de quatre pages, à Minneapolis, sous la direction du rédacteur Zéphirin Demeules — ou de membres de sa famille — durant toute sa longue existence de quarante-cinq ans.

Demeules naquit à St. Phillips, au Québec, en 1837, et émigra aux États-Unis en 1855 pour travailler avec le capitaine Louis Robert, pilote de bateaux fluviaux et pionnier de St. Paul (Minnesota), propriétaire de plusieurs magasins généraux et engagé dans le commerce avec les populations autochtones. Demeules devint en 1857 le représentant du capitaine Robert à Osseo (Minnesota). En 1859, il s’installa à New Ulm, mais quitta les lieux en 1861, juste avant le début de la guerre des Dakota, en 1862. Par la suite, il posséda son propre magasin général à Osseo, puis une épicerie à Minneapolis, jusqu’à l’achat de l'Echo de l’Ouest en 1883.

F. R. (Francis Robert) Leroux, qui épousa la fille de Demeules en 1891, fut rédacteur en chef ; on le considérait comme un écrivain de grand talent. Beaucoup de ses articles furent repris dans des publications de langue française, du Canada à la Louisiane. Après la mort de Zéphirin Demeules en 1898, son fils A. H. (Augustin Herbert) reprit la publication du journal.

Le contenu de l’Echo de l’Ouest demeura plus ou moins constant : un roman-feuilleton, un répertoire des Canadiens français impliqués dans la vie publique de Minneapolis, un grand nombre de publicités, plusieurs colonnes de nouvelles provenant des communautés canadiennes-françaises de tout l’État, des informations commerciales, et une page éditoriale listant les réunions des organisations canadiennes-françaises. Le journal favorisait les entreprises appartenant à des compatriotes et publiait en français des annonces de toutes sortes de biens et de services. En général, l’Echo de l’Ouest était considéré comme républicain en politique, catholique en religion, puritain dans ses mœurs et sa morale, et ardent défenseur des intérêts canadiens-français.

Le journal défendit constamment l’éducation paroissiale, surtout lorsque l’enseignement du français y était offert. Il en appela aux parents, dans son numéro du 4 août 1887, pour qu’ils envoient leurs enfants à l’école Notre-Dame de Lourdes à Minneapolis, où le français était obligatoire à l’admission. Le 1ᵉʳ septembre 1887, dans un discours à la Société Saint-Jean-Baptiste de Duluth, le rédacteur de l’Echo exhorta son auditoire à préserver une communauté identifiable en soutenant les écoles canadiennes-françaises, en participant activement aux organisations canadiennes-françaises et en utilisant la langue française dans la vie quotidienne.

Ce soutien affirmé au maintien de la langue française, afin de contrer l’assimilation, revint fréquemment dans les pages de l’Echo de l’Ouest. Commentant la convention nationale des Canadiens français, tenue à Nashua (New Hampshire) à l’été 1888, le journal affirma qu’ils devaient s’efforcer de préserver leur identité. Plus tard la même année, un article dénonça la pratique consistant à angliciser les noms de famille français (Allard devenant Lord, Larue → Street, Dubois → Wood, etc.). Dans son opposition à l’assimilation linguistique, l’Echo de l’Ouest s’en prit, dans le numéro du 23 février 1893, aux catholiques irlandais qui insistaient pour l’usage de l’anglais, affirmant que parler anglais ne rendait pas les Irlandais meilleurs Américains.

Une décennie plus tard, un éditorial énuméra tristement trois raisons expliquant le recul de l’usage du français : les travailleurs cherchant un emploi devaient parler anglais ; l’anglais était la langue de la politique américaine ; et les locuteurs instruits du français restaient au Québec et n’émigraient pas.

Source : Minnesota Historical Society, Saint Paul (MN), à partir de la notice bibliographique de Library of Congress

Ressources bibliographiques

Petit reportage audio sur la communauté francophone de Minneapolis et du Midwest, évoquant l'Écho de l'Ouest.

Bulletin du Centre d'études franco-canadiennes de l'Ouest, no 8, avril 1981 : contient un bref historique de la presse francophone du Midwest, dont l'Écho de l'Ouest.

Bélisle, Alexandre, Histoire de la presse franco-américaine, Worcester, Ateliers typographiques de « L’Opinion Publique », 1911; voir les p. 120-122 sur l'Écho de l'Ouest.

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