Canadien (Le)

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Journal fondé en 1891 à Windsor (Ontario), par Télesphore Saint-Pierre, important journaliste et patron de presse canadien.

Éditeurs et journalistes

État des collections

Un seul numéro disponible en ligne, sur le site de l'Université de Windsor.

Notes et remarques

Le Canadien (Windsor) fut l’un des nombreux journaux éphémères de langue française publiés et dirigés par Télesphore Saint-Pierre. C’était un hebdomadaire de 4 pages dont la parution débuta le 25 juillet 1891 et qui cessa vraisemblablement à la fin de l’année 1891 ou en 1892. D’après le premier numéro, il proposait une sélection assez standard d’actualités locales et internationales, de nombreuses annonces publicitaires et des textes en prose. Il s’adressait à la population canadienne-française de la partie occidentale de l’Ontario, mais comptait aussi des abonnés au Michigan.

Télesphore Saint-Pierre naquit le 10 juillet 1869 à Lavaltrie, au Québec. En 1878, sa famille s’établit à Détroit, au Michigan, où il fit son apprentissage de typographe chez Rousseau et Fils, imprimeurs. Ce fut le début d’une vie professionnelle extrêmement mouvementée dans le monde de l’édition. En 1885, à seulement seize ans, il devint rédacteur au Progrès (Windsor). En 1888, il fonda son premier journal avec un ami, Charles Guérin. Ce journal, L’Ouest Français (Bay City, Michigan), ne dura que onze mois, de juin 1888 à mai 1889. Il lança ensuite un deuxième journal : L’Union Franco-Américaine (Lake Linden, Michigan), publié de 1889 à 1891. En 1891, il revint dans la région de Windsor/Détroit et fonda son troisième journal, Le Canadien, déjà décrit plus haut.

Durant la majeure partie des années 1890, il vécut à Montréal, où il fut tour à tour rédacteur dans divers journaux : La Patrie, La Minerve, Le Canada, Le Soir, la Gazette et le Montreal Daily Herald. Durant cette période, il publia plusieurs brochures et ouvrages, dont L’Histoire des Canadiens du Michigan et du Comté d’Essex, Ontario, sans doute le plus connu (Dictionnaire biographique du Canada, Toronto : University of Toronto, 1998, vol. 14). Il semble d’ailleurs que cette œuvre ait d’abord été vendue en huit livraisons (dans Le Canadien, 25 juillet 1891, p. 4).

De 1899 à 1903, il fut rédacteur de L’Opinion Publique (Worcester, Massachusetts). Il s’installa ensuite à Saint-Boniface, Winnipeg, Manitoba, où il travailla comme rédacteur au Manitoba Free Press, puis fonda un autre journal éphémère : L’Ouest Canadien. Il mourut le 25 octobre 1912.

Beaucoup de ses convictions transparaissent dans le Prospectus du premier numéro de son journal, Le Canadien(Windsor). Curieusement, elles ne sont pas particulièrement visibles dans le reste du contenu de ce même numéro. Son objectif premier était de sauvegarder « les traits caractéristiques de notre nationalité, notre langue, notre foi, nos institutions paroissiales ». Il estimait que celles-ci étaient menacées tant par les gouvernements américain que canadien. Bien que libéral en politique, il s’engageait à demeurer non partisan et conseillait à ses lecteurs de porter un regard critique sur tous les partis politiques, leurs programmes et leurs actions, et de se faire leur propre opinion. Cet appel s’inscrivait dans une vision très traditionnelle du pays. Il affirme que le nom du journal, Le Canadien, fut choisi parce qu’il était « partout synonyme de fidélité aux traditions, de loyauté et de courage ». Il exhorte ses lecteurs à embrasser leur histoire et à ne pas oublier le labeur de leurs ancêtres. Il loue le rôle de l’Église catholique aux débuts de l’Amérique du Nord et se montre généralement optimiste quant à une résurgence de la société et de la culture francophones.

Source : Notice du Canadien, catalogue de la bibliothèque de l'Université de Windsor.

Ressources bibliographiques

Sylvestre, Paul-François, Les journaux de l'Ontario français, 1859-1983, Sudbury, Société historique du Nouvel Ontario, no 81, 1984, 59 p. 

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